Dans notre secteur d’activité, l’architecture, on est appelé à rencontrer des clients de catégories diverses, de toutes classes, de tous âges et de tous genres. Et, dans le processus de design, l’architecte est constamment en contact avec le client, du début à la fin.

Au début, l’architecte fait passer une entrevue au client pour identifier le problème qui veut résoudre, le rêve qu’il veut réaliser. Dans notre cas, nous allons appeler cela un besoin. Il nous faut comprendre de manière précise son style de vie. Dans certains cas, les clients sont mari et femme. Donc la compréhension leur quotidien (travail, repos, loisirs) constitue une étape essentielle à l’architecte pour accoucher une solution ou produire un concept. L’architecte passera au client des documents techniques sous forme de dessin, ou autres supports visuels (Perspective 3d) agrémentés de textes présentant une description, une explication ou une analyse. 

Le client choisit son architecte, c’est le cas le plus fréquent que nous rencontrons, cependant certains architectes, comme moi, nous préférons choisir nos clients. 

Pourquoi et comment et choisir ses clients?

Il est toujours recommandé d’éduquer votre client, car même s’il vient à vous, ce n’est pas nécessairement parce qu’il est conscient de la valeur de ce que vous offrez comme prestation de service. Certaines personnes sont convaincues que nous les architectes sommes des artistes ratés ou des rêveurs et qu’ils peuvent bien se passer de nos services. Dès la première conversation, de façon très subtile, je glisse des questions stratégiques me permettant de savoir si je peux passer à l’étape suivante avec le potentiel client. 

Je connais des architectes qui ont changé de carrière à cause d’une ou plusieurs expériences très mal vécues avec des clients très toxiques. 

Il faut savoir que nous devons prendre plaisir à exercer notre métier. Après 12 ans d’expérience, choisir pour qui je veux travailler est la meilleure décision que j’ai prise.

J’ai listé 8 catégories de client pour qui je ne travaillerai plus jamais 

1- Ceux qui croient savoir faire le travail de l’architecte.

 Ces clients ne comprennent pas que l’architecture est un processus complexe, créatif, scientifique et nuancé. Ils croient que rien qu’en traçant des lignes, on fait pousser leur maison.   Avoir vécu dans une “maison” toute votre vie, ne fait pas de vous un expert. Ce type de “clients architectes”, je les appelle comme ça, sont généralement trop envahissants dans le projet, ne donnent pas de marge de manœuvre à l’architecte brident la créativité et limitent toujours la productivité.

2- Ceux qui disent à l’architecte qu’il connaît un autre architecte qui le fera pour moins cher.

Les clients font parfois des demandes irréalistes, telles que la compression du budget et du calendrier. Lorsque l’architecte fait une offre dont le coût parait, à leurs yeux, trop élevé, ils prétendent connaitre un autre architecte qui peut faire la même chose, sinon mieux, pour moins cher. Et moi de les répondre: “Les clients qui veulent recevoir de la valeur ne se plaignent jamais de mes offres, ils trouvent mon travail fascinant”. Je suis conscient aussi que tout le monde n’est pas prêt à payer pour la qualité. Un client qui est prêt à investir 500 000 USD dans une maison, mais qui refuse de payer 10 000 USD pour s’assurer qu’il fait un bon investissement, risque de voir le montant réel de son investissement passer à 750 000 USD, et au lieu de prendre de la valeur dans le futur en perd. 

3- Ceux qui refusent des contrats.

Ce sont les clients indécis, ils ne sont pas sûrs de réaliser le projet, mais n’ont pas non la décence de l’avouer donc ils veulent un contrat (qui n’est pas un contrat en réalité) verbal. Le problème avec les contrats verbaux est que les clients reviennent souvent sur leur accord initial, parfois ils inventent des malentendus pour filer en douce sans payer un centime. Il y en a même qui refusent de payer le designer parce qu’il n’exécutera pas son projet. Ils sont souvent des clients très conflictuels.

4- Ceux qui apportent à l’architecte un autre design déjà fait, qui veulent avoir la même maison que son voisin ou pire encore une maison tirée d’une recherche sur Google.   

Ce cas-ci semble assez évident. Les clients viennent me voir avec un bâtiment qu’ils veulent que je plagie. Très souvent, le terrain du client est à faible pente, alors que son modèle est dessiné sur une forte pente. L’inverse est possible. On se demande parfois qu’est ce que nous avons à faire vraiment pour ce client. 

5- Ceux qui veulent juste savoir combien peut coûter le projet qu’ils n’ont nullement l’intention de l’exécuter.

 Ce sont des clients qui veulent juste avoir un devis pour savoir s’ils veulent ou peuvent réaliser leur projet. Ils n’ont pas l’intention de payer l’étude. Ils viennent vous faire croire que vous serez l’architecte qui mènera le projet. Puisque je ne commencerai même pas à tracer une ligne sans une avance, alors ces clients n’ont aucune chance. Bien sûr, je leur offre une consultation pour au moins leur offris des options, mais ils refusent catégoriquement de payer pour quoi que ce soit.

6- Ceux qui imposent leur délai parce qu’ils sont très pressés.

Les clients de cette catégorie ont des attentes irréalistes. Ils croient que le travail d’un architecte consiste à créer, comme par magie, un design incroyable en un claquement de doigts. Ces clients font pression sur les architectes pour qu’ils construisent leurs bâtiments dans un court laps de temps, alors qu’ils sont incapables de s’engager à respecter leurs propres délais. Ce stress entraîne une perte de productivité et peut être très préjudiciable pour le projet…  

7- Ceux qui veulent me faire passer un test pour m’embaucher.

Des clients qui ne veulent pas m’embaucher sans d’abord tester mes connaissances sur le sujet. C’est une technique vielle comme le monde. Ils pensent que s’ils arrivent à me faire croire que je ne suis pas très doué, ou que je n’ai pas assez d’expérience, ils pourront négocier à la baisse. Certains me demanderaient même de commencer à travailler sur le design et de payer plus tard. 

8- Ceux qui ne connaissent pas la valeur de mon travail

 Je fais toujours l’exercice d’éduquer mes clients. Ceux avec qui j’arrive à signer une consultation de préétude du projet par exemple. Tout le long du projet, je partage avec eux mes valeurs, ils savent comment je procède, ils comprennent la valeur d’un architecte et de son travail. Cependant, il y en a qui ne respectent pas la valeur de l’architecte et encore moins son travail. Ces potentiels clients d’ailleurs n’accepteront jamais de payer une petite consultation de faisabilité du projet, voir ma proposition financière. La raison est simple, ils ne verront jamais la nécessité de payer un architecte pour un travail qu’ils estiment n’avoir aucune valeur à leurs yeux. Une collaboration est impossible entre nous.

Je dois aussi souligner que cela ne veut pas dire que je le prends personnellement avec ces potentiels clients. Nous allons rester en contact, continuer à être de bons amis s’il le faut.

Allez mes amis architectes, soyez sélectes ce n’est pas seulement qu’une question d’argent.